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Fiducia Story: Episode 5

Investir sur soi… Se démarquer pour devenir une référence.

Pourquoi, à l’époque, alors que 5 personnes et moi-même proposions le même travail (la plupart étant mes anciens stagiaires d’ailleurs), c’est moi que l’on choisissait?

Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans les affaires, on investit rarement sur vous pour vous faire plaisir: à moins que vous ayez un charisme démesuré, que vous soyez de leur famille, ou gourou d’une secte…
Ils peuvent éventuellement le faire pour se faire plaisir, comme lorsque l’on se paye un produit de marque, ça ne rapporte pas forcement mais ça renforce l’égo de l’utilisateur; mais la plupart le font surtout parce que c’est rentable pour eux, directement ou indirectement.

Parmi ceux qui me côtoyaient, certains ne pouvaient pas me voir ou me méprisaient, mais je leur étais suffisamment utile pour qu’ils fassent abstraction de leurs états d’âme. Prenons l’exemple de ceux qui font de la musculation, certains prennent deux fois par jour des cocktails protéinés, la grande majorité trouve ca dégeulasse, mais ils le boivent quand même pour atteindre leurs objectifs. Avec moi c’était pareil.
Mais pour en arriver là, l’emballage est aussi important que le contenu. Autrement dit, l’habit fait le moine.

Replaçons les choses dans leur contexte; je vous disais dans l’article précédent que l’essentiel des rencontres qui ont comptées dans ma carrière se sont fait quasiment toutes au même endroit : dans un quartier de Montreuil. Dans ce même coin, il y avait les studios du Dj incontournable de la scène urbaine : Cut killer.
Il y enregistrait ses émissions de radios pour Skyrock, et au-dessus de ce studio siègaient plusieurs sociétés liées directement ou indirectement à ses activités: une agence de communication et une agence de booking.
C’était un carrefour de rencontres intéressantes, les djs, les artistes, les managers, tous passaient par là pour participer à ses émissions, pour du booking ou discuter de stratégies marketing. J’ai fais connaissance avec tout ce petit monde (Cut killer évidemment mais aussi, Big Ali et bien d’autres) et commencé à fréquenter le milieu de la nuit.
Mes premiers pas dans la nuit, je les ai fait avec Big Ali et son staff. Grâce à eux, j’avais mes accès au backstage… et aux groupies… (lol)
Le milieu m’a plu et comme pour la musique, j’ai mis un point d’honneur à marquer ce secteur de mon empreinte. Mais il fallait frapper fort, imposer une certaine crédibilité. Je voulais que ma réputation me précède.
J’ai fait un rendez vous avec l’agence de marketing de Cut Killer, en leur disant tout simplement : « Je veux que l’on me voit partout ! ». Mon budget street marketing égalait celui d’une sortie d’album de maison de disque.

Le mois qui a précédé mon 18ème anniversaire, les franciliens ont donc pu découvrir mon visage sur les murs de Paris, mon nom sur des stickers et une présentation de mes activités sur des dépliants. Ajouté à cela, des ballons Cédric Fiducia étaient placés en face des entrées de toutes les maisons de disques et ornaient le mobilier urbain des grands axes parisiens, des pochoirs à la sorties des métros, un 4X4 floqué à mon nom circulait dans les rues de Paris et se plaçait devant tous les événements majeurs de la période.

Cette campagne devait prendre fin le jour de mon anniversaire, alors pour terminer en beauté, j’avais prévu une soirée dans un club mythique des Champs Elysées avec un Hummer limousine habillé à mon effigie pour marquer mon arrivée.

Pour certains c’était démesuré, pour d’autres c’était de la pure mégalomanie… C’était un peu le cas, il faut le reconnaître.
La soirée avait eu un énorme buzz mais ce fut un flop car je n’avais pas d’expérience en tant qu’organisateur de soirée, en revanche cette campagne a changé beaucoup de choses pour mon image personnelle et professionnelle.

A suivre…

Fiducia Story: Episode 4

Créer un réseau et s’appuyer sur des équipes productives

La clé de ma Réussite sur le web a été d’industrialiser une méthode de communication artisanale. Au début, je passais des nuits blanches à préparer mes mailings. Tout le parcours que je vous ai résumé dans les 3 épisodes précédents n’a pas été de tout repos.
Lorsque j’ai commencé à manager l’artiste dont je vous parlais dans l’épisode 3, j’allais moi-même chez les distributeurs et les détaillants, déposer les cd. Je repassais 3 fois dans la semaine pour saouler les chefs de rayons des Fnac et des Virgin, en leur demandant comment s’était écoulé le cd et en leur demandant également une meilleure mise en avant…
Je sympathisais avec certains, je voulais qu’ils s’habituent à me voir qu’ils soutiennent mon produit… et au final, ce travail fastidieux a fini par porter ses fruits.
Il n’y avait pas un disquaire en île de France qui n’avait pas eu affaire a moi à l’époque (et j’exagère à peine).
Lorsque qu’une mère de famille demandait des conseils pour le cadeau d’anniversaire de son fils à un des vendeurs que je côtoyais, il lui proposait spontanément mon cd : Tenez Madame, j’ai une nouveauté pour vous, vous n’allez pas être déçue ! Quand je repassais faire mon tour des points de ventes et que je discutais avec eux, certains me disaient : Ha tu vas être content, je t’ai fait 3 ventes cette semaine…
C’est quelque chose d’assez marquant, je venais de me rendre compte que le relationnel que j’avais su tisser avec ces personnes les avaient, d’une certaine manière, transformés en commerciaux (toute proportion gardée, bien sur).
Ils aidaient mes produits à se vendre sans autre contrepartie que ma reconnaissance.
Cette expérience m’a beaucoup servi par la suite. Je réalisais que c’était la base même de toute mon activité, pour être efficace et pour croître : il faut un bon réseau…
Mais surtout à partir du moment où les affaires ont commencé à rapporter un peu d’argent, j’allais offrir bien plus que de la reconnaissance à mes partenaires.

Comme je l’avais évoqué tout à l’heure, j’ai officiellement fais mes premiers pas dans la promotion musicale au moment de ma collaboration avec Nouvelle Donne music.
C’est à Montreuil, dans un petit périmètre d’à peine 200m2 autour de leurs locaux que j’ai fais l’essentiel des rencontres qui m’ont mené là où j’en suis aujourd’hui. En sortant des bureaux de chez Nouvelle Donne, j’ai croisé un autre artiste qui était sur le point de signer en maison de disque. Après lui avoir présenté mon activité, on a rapidement convenu de travailler ensemble à l’occasion de la sortie de son futur album.
Son projet était quasi intégralement produit par son label , quant au marketing et à la distribution, c’était la maison de disque EMI qui en avait la charge. C’est ce que l’on appelle dans le jargon musical un contrat de licence.

Dans l’épisode précédent, j’ai évoqué le fait que les majors se sont rapidement intéressés à mes services, mais il faut que j’apporte une précision sur la manière dont je suis entré en contact avec ces maisons de disques.
A cette époque, mes seuls interlocuteurs étaient donc les artistes et les responsables des différents labels indépendants pour lesquels je travaillais, je n’avais quasi aucun contact avec les maisons de disques bien qu’elles aient toutes entendu parler de moi.
Plutôt que de frapper à la porte de ces majors déjà fortement sollicités pour tout et n’importe quoi et risquer de déprécier mon pouvoir de négociation en apparaissant en tant que demandeur plutôt qu’en tant que prix , j’ai convenu d’une commission de 20% à mes rapporteurs d’affaires pour la vente de mes services auprès des maisons de disques.
Je laissais les managers m’imposer dans leur deal, incluant un poste buzz à 5000 euros qui me revenait et sur lesquels ils prélevaient 20% de commissions.
Tout le monde était content, les managers arrondissaient leur fin de mois, la visibilité des artistes grimpait de manière significative sur la toile, les maisons de disques augmentaient leurs rotations radio (donc leurs revenus) grâce à mon travail, et moi ; à 17 ans, j’avais arrêté l’école, fondé ma société, et je gagnais mieux ma vie que le proviseur de mon lycée (et que pas mal de cadres supérieurs).

J’avais créé un réseau bien huilé de commerciaux très efficaces, voir trop. Ce n’était pas la demande qui manquait… désormais il fallait que l’offre suive. Je me suis donc mis à recruter des stagiaires, que j’ai initié à mes méthodes afin de me délester d’une partie du travail et de me concentrer sur l’amélioration de mes outils.
C’est durant cette période que j’ai créé des robots capables d’envoyer des centaines de milliers de commentaires sur les skyblog.
J’avais transformé ma petite activité de mailing, en une petite industrie qui avait un impact sur tout un pan de la musique française (tout acteurs confondus.)

A suivre…

Fiducia Story: Episode 3

Le commencement de l’aventure…

Une des rencontres déterminantes dans mon parcours fut celle avec une personne qui travaillait à Universal Music : Mathieu Solard.
Il avait entendu parler de mon travail et m’avait dit : Tu as du talent mais tes artistes n’en ont pas forcément, cherche la qualité, le talent et tu iras loin. C’est vrai ça fait très cliché, mais c’était à peu de choses près ses mots et je dois dire que ça m’avait marqué à l’époque.
J’ai donc suivi ses conseils. J’écoutais tous les CDs des artistes qui voulaient collaborer avec moi. J’allais jusqu’à demander à écouter certains artistes inconnus pour affiner ma sélection.
J’ai fini par m’arrêter sur un artiste qui selon moi était talentueux. Il avait une petite renommée, quelques articles en presse spécialisée, quelques passages radio ici et là, mais rien de transcendant.
Grâce à ma base de données et mes mailings de plus en plus personnalisés, en 15 jours il entrait dans le top 10 des Skyblogs.
Suite à ce buzz, mon rôle a très vite évolué : de la simple promotion, je suis devenu son manager.
Les demandes de featurings (duo ou collaboration), les relations avec la presse, les maisons de disques les radios tout passait par moi.
Ce qui devait arriver arriva, les premières propositions de signature en maison de disque sont arrivées. Et c’est non sans une certaine autosatisfaction que je regardais le chemin parcouru depuis mes premiers pas dans ce milieu.

Nouvelle Donne, un label indépendant ayant participé aux succès d’artistes comme les Déesses, Facteur X ou Disiz la Peste, m’a contacté pour travailler sur leurs artistes après avoir eu écho de mon travail sur les skyblogs.
Pour 500 euros par mois, je m’occupais de la promotion web d’artistes tout en continuant à me rendre au lycée.
Cette nouvelle collaboration marquait mon entrée dans la division supérieure. Chez Nouvelle Donne, les artistes pour lesquels je travaillais avaient d’autres ambitions que de briller dans leur ville ou leur département. On parlait désormais de viser des rotations radio sur des réseaux nationaux.
Mon travail a rapidement été productif et d’autres labels indépendants se sont intéressés à mes services.
Compte tenu des performances que je réalisais sur les Skyblogs avec les artistes indépendants, les majors (les maisons de disques d’envergure internationale) ne pouvaient pas se permettre d’ignorer le phénomène. Chacune d’entre elles m’a sollicité faisant mécaniquement augmenter les enchères.
De leur coté les labels indépendants m’envoyaient quasiment une demande par jour. Mais au-delà de l’aspect financier, une question commençait à se poser: Si tous réclamaient la même chose : Je veux que mon artiste soit dans le top 10 des Skyblog , comment faire pour que mon travail ne devienne pas préjudiciable à l’un ou l’autre de mes clients ? Je travaillais déjà pour plus de 10 artistes à l’époque, donc forcément j’allais devoir en privilégier certains au détriment des autres.

Il devenait nécessaire de faire des choix. J’ai fini par refuser les ponts d’or que me faisaient certains, pour me concentrer sur 3 clients : EMI (Diams, Coldplay, Soprano, David guetta…) , Warner (James Blunt, P-Diddy, Sinik, Christophe Maé…) et Because (Justice, Charlotte Gainsbourg, Booba…)

A suivre…